Fantôme ou hallucinations ? - Jesse Allen

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Fantôme ou hallucinations ?

Fantôme ou hallucinations ? - Jesse Allen

Une histoire bizarre circulait en ville. En été, certaines personnes apercevaient la silhouette d’une femme qui leur faisait signe de venir jusqu’à elle. Elle se tenait près du port. Lorsque la personne qui l’avait vue s’approchait, la silhouette se jetait dans l’eau, sans que jamais, qui que ce soit n’ait retrouvé de corps. La rumeur disait aussi qu’un cri accompagnait la chute de la femme dans le fleuve, mais qu’aucun bruit d’éclaboussures ne suivait. J’avais entendu ce récit de nombreuses fois, mais jamais je n’avais eu directement devant moi une personne qui avait constaté ce fait de ses yeux. J’étais intrigué, mais qui ne le serait pas ? Cependant, ma curiosité ne me poussait pas, tout de même, à aller du côté du port pour vérifier si la présence allait se manifester.

J’avais eu une journée chargée lorsque, un soir, je rentrais chez moi en voiture et que je longeais le port. J’avais mis mes lunettes de soleil, mais le temps avait changé, très brusquement. Le ciel était couvert à présent de nuages noirs, les gouttes de pluie étaient de plus en plus rapprochées, des éclairs flashaient l’asphalte par moment. J’enlevais mes lunettes, inutiles, maintenant qu’il n’y avait plus de soleil. Je constatais aussi que des taches brunes peau étaient apparues sur mes mains. Ma vue se fixa sur une forme féminine qui se trouvait le long de la jetée. L’histoire fantastique me revint immédiatement en mémoire. Je me rapprochais doucement, comme si j’avais peur qu’elle disparaisse à ma vue. La femme était encore là, mais elle ne bougeait pas. Je m’arrêtais alors sur une aire de stationnement, puis je descendis de mon véhicule malgré la pluie qui tombait de plus en plus fort. Qu’espérais-je trouver ? Je ne sais pas, même encore maintenant, quand je me remémore cet instant, la raison qui me poussa à aller voir cet individu.

Je distinguais mieux la personne qui se tenait immobile. Ses longs cheveux dégoulinaient d’eau. Je ne voyais que son dos. Je m’approchais si doucement que je ne fis aucun bruit, ou peut-être est-ce celui de la pluie battante qui couvrait mes pas. Je dus taper sur son épaule pour qu’elle se retourne. C’est alors que je me dis que je ne pourrais pas toucher un fantôme, elle n’était pas une apparition. Le visage de la jeune femme se tourna vers moi. Elle avait de grands yeux verts comme une sirène ; elle ne parla pas, mais elle s’éloigna sans se presser, me laissant seul. Je ne la revis jamais.