Réservoir Gouin - Jesse Allen

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Réservoir Gouin

Réservoir Gouin - Jesse Allen

Un camion va bientôt arriver pour prendre nos affaires. Notre mobilier vient d'être expédié vers notre nouvelle maison. Il ne nous reste que transporter des boîtes en carton emballées avec notre vaisselle, nos vêtements, quelques livres et d'autres affaires.

Je profite donc de ces quelques minutes libres pour verser sur un document (je n'écris plus sur du papier) les sentiments que j'éprouve. J'ai besoin de m'exprimer.

Je parle de mon mari et moi, voilà pourquoi je parle en pluriel. Nous nous sommes installés ici, à La Tuque, près du Réservoir Gouin il y a cinq ans, avec l'idée de rester dans la maison que nous avions achetée pour le reste de notre vie. Quand j'étais une jeune fille, je venais souvent au réservoir avec mes parents. En fait, ce sont eux qui m'ont transmis l'amour pour la nature. Mon mari sent lui aussi cet amour, autrement, je pense qu'il ne serait pas mon mari, que ce serait difficile d'être ensemble. Nous avions l'idée tous les deux de familiariser nos enfants, le jour que nous les aurons, avec le réservoir et la nature en gros.

Pourtant, les choses ne se sont pas passées comme nous les avions prévus. Eh oui, je sais, la vie est ainsi faite. Nous faisons des plans et après, les faits n'accompagnent pas ces plans. Qui aurait cru que nous serions obligés de quitter notre maison ? Moi, je n'aurai imaginé que la zone du Réservoir Gouin deviendrait une des zones les plus polluées du Québec !

Nous voilà donc en plein déménagement vers notre nouvelle maison. Nous nous sommes bien renseignés avant d'acheter notre nouvelle maison et selon l'indice pertinent, la qualité de l air Montréal est la meilleure parmi les villes ou régions de notre courte liste.

Le plus drôle de cette histoire est que moi, quand j'étais une jeune fille, je disais que je ne vivrais jamais à Montréal, que je préférerais même partir à l'étranger avant que de m'installer là. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne me sentais pas à l'aise quand je passais par là. Peut-être le bruit (soit la pollution sonore, comme on dit à présent), peut-être les gens... Mes parents sont déjà au courant de notre déménagement et ils n'arrêtent pas de me faire des blagues. Ils m'appellent même « la Montréalaise !»

Voici donc un autre exemple de ce que je vous disais tout à l'heure, nous faisons des plans et souvent, nous devons les changer.

Voilà le camion qui arrive. Je vous laisse.